Car une protection peut être correctement calibrée en intensité… sans pour autant réagir comme prévu lors d’un défaut situé loin du tableau.
Impédance — en clair
L’impédance représente l’opposition du circuit au passage du courant alternatif. Plus une liaison est longue, plus cette opposition augmente. En cas de court-circuit en bout de ligne, le courant disponible peut donc être beaucoup plus faible qu’au niveau du tableau.
L’Icc — courant de court-circuit — est ce courant disponible lors d’un défaut. Ce n’est pas le courant de fonctionnement de la pompe : c’est la valeur à comparer aux seuils de déclenchement de la protection.
Une longue ligne ne pose pas uniquement un problème de chute de tension
La chute de tension concerne la tension disponible pendant le fonctionnement : la pompe reçoit-elle encore une tension suffisante à 60 m ? L’Icc minimum concerne un autre moment : celui d’un défaut. Les deux dépendent notamment de la longueur et de la section. Une ligne peut donc nécessiter plusieurs vérifications différentes.
Lepouvoir de coupurerépond encore à une autre question (capacité d’interrompre un fort courant au point d’installation). Ici, on s’intéresse surtout à l’Icc disponible en bout, pour le déclenchement magnétique.
Pourquoi la courbe C est importante
Le déclenchement magnétique est la coupure rapide prévue pour les forts courants de défaut. Sur une courbe C, la zone magnétique conventionnelle se situe entre environ 5 × In et 10 × In.
Pour un C20 :
- 5 × 20 = 100 A
- 10 × 20 = 200 A
zone magnétique
Si le courant de défaut calculé en bout de ligne dépasse 200 A, il se situe au-dessus du seuil haut de cette plage. S’il se situe entre 100 et 200 A, il faut regarder plus précisément le comportement de la protection. S’il est inférieur, on ne peut pas simplement considérer que le déclenchement magnétique instantané est assuré.
Ces seuils sont des ordres de grandeur utiles pour une première lecture. Ils ne remplacent pas une étude complète de l’installation.
Testez votre propre ligne
Vous pouvez faire une première vérification avec l’outil SKEMA ci-dessous.
Renseignez l’Icc à l’origine (au tableau), la longueur aller, la section du cuivre, la courbe et le calibre. Le résultat compare l’Icc en bout à la plage magnétique B / C / D. Les valeurs exactes de votre pompe (puissance, courant de démarrage, type de câble, conditions de pose) restent à vérifier séparément : elles ne sont pas inventées ici.
Que peut-on corriger avant la pose ?
Plusieurs pistes existent. Aucune ne convient automatiquement à toutes les installations : le choix dépend des données réelles.
Augmenter la section
Une section plus importante réduit en général la résistance de la boucle. L’Icc en bout tend alors à remonter, et la chute de tension en service diminue aussi. C’est souvent la première piste sur une longue canalisation — encore faut-il croiser le calibre de protection et le courant admissible. Voir aussisection de câble et protections.
Modifier la protection
Une courbe B possède une plage magnétique plus basse qu’une courbe C (environ 3 à 5 × In, contre 5 à 10 × In). Cela ne signifie pas qu’il suffit de remplacer un C20 par un B20. Le calibre, la sélectivité, le type de charge et le démarrage de la machine entrent dans le choix.
Vérifier le démarrage de la pompe
Une pompe utilise un moteur électrique. Au démarrage, celui-ci peut absorber pendant un court instant un courant nettement supérieur à son courant normal. Une protection trop sensible peut donc résoudre un problème de déclenchement sur défaut… tout en créant des déclenchements intempestifs au démarrage.
Modifier l’architecture
Selon le site et la machine, d’autres options peuvent être pertinentes :
- tableau secondaire plus proche de la pompe ;
- départ repositionné ;
- section différente sur un tronçon ;
- protection moteur adaptée ;
- autre solution selon la machine et le réseau amont.
Et si les 60 mètres de câble sont déjà posés ?
Avant de remplacer le câble, il reste utile de :
- mesurer ou déterminer l’impédance réelle ;
- déterminer l’Icc disponible en bout ;
- vérifier la chute de tension ;
- vérifier les caractéristiques de démarrage de la pompe ;
- comparer plusieurs protections possibles.
Une courbe B peut parfois être une solution, mais uniquement si elle reste compatible avec le fonctionnement réel de la machine.
Vérifier également la chute de tension
Le courant de court-circuit n’est qu’une partie du problème. Sur 60 mètres, il faut également vérifier la tension réellement disponible lorsque la pompe fonctionne.
Un calculateur SKEMA dédié à la chute de tension sera bientôt disponible ici.
Le cas qui a déclenché cet article
Le cas réel concernait des pompes situées à environ 60 m et une protection C20. Les caractéristiques complètes de l’installation ne sont volontairement pas publiées ici. Elles doivent être connues pour établir une conclusion technique définitive : section, tension, type de câble, conditions de pose, caractéristiques de la pompe, courant de démarrage et caractéristiques du réseau amont.
Pour un dimensionnement documenté circuit par circuit, lanote de calcul électriquereste l’outil adapté — notamment en installation non domestique.
Votre cas nécessite une vérification complète ?
Les outils SKEMA permettent une première vérification. Pour une machine, une longue canalisation ou une installation non domestique, une étude complète peut être nécessaire lorsque plusieurs paramètres doivent être vérifiés ensemble.