Icu, le pouvoir assigné de coupure ultime
Le pouvoir de coupure d’un disjoncteur ne se résume pas toujours à une seule valeur. Selon IEC 60947-2, Icu est le pouvoir assigné de coupure ultime en court-circuit. La séquence d’essai associée est O - t - CO. Après cette séquence, le disjoncteur n’est pas tenu, selon les critères de cette capacité, de rester apte à transporter son courant assigné en service normal. Icu représente donc une capacité ultime : la continuité de service après un défaut de cette ampleur n’est pas garantie par le critère Icu. C’est la valeur qui doit être adaptée au courant de court-circuit présumé au point d’installation — éventuellement dans le cadre d’une coordination / protection d’accompagnement documentée.
Ics, le pouvoir assigné de coupure de service
Ics, toujours au sens IEC 60947-2, est le pouvoir assigné de coupure de service en court-circuit. La séquence d’essai est O - t - CO - t - CO. Après cette séquence, les vérifications prévues portent notamment sur l’aptitude du disjoncteur à continuer son fonctionnement en service. Ics s’exprime en kA ou comme pourcentage de Icu. Des valeurs normalisées possibles (notamment citées par les fabricants) sont 25 %, 50 %, 75 % ou 100 % — sans que tous les appareils existent nécessairement dans ces quatre proportions. Deux disjoncteurs avec le même Icu peuvent donc avoir des Ics très différents : seul un Ics adapté documente la continuité de service après un défaut proche de la limite.
IEC 60898-1 et IEC 60947-2 : deux domaines, deux jeux de notations
IEC 60898-1 concerne les disjoncteurs pour installations domestiques et analogues, destinés notamment à être utilisés par des personnes non instruites (typiquement jusqu’à 440 V, 125 A, pouvoir assigné de court-circuit ≤ 25 kA selon le domaine de la norme). Elle définit notamment Icn (pouvoir assigné de coupure en court-circuit) et un Ics de service associé, avec un rapport Ics/Icn déterminé par la norme — et non « Icn uniquement ».
IEC 60947-2 concerne les disjoncteurs basse tension du domaine appareillage industriel / professionnel de cette norme, avec les notations Icu et Ics décrites ci-dessus. Ne pas importer les définitions Icu propres à IEC 60947-2 dans IEC 60898-1. Et ne pas réduire le choix produit à un simple « domestique vs industriel » si l’appareil porte plusieurs conformités.
Sur plaque, un appareil 60947-2 peut afficher par exemple « Icu 36 kA / Ics 100 % » ; un appareil 60898-1 met souvent en avant Icn, tout en relevant aussi d’un Ics normalisé.
Ce que ça change pour un dossier
Sur une installation résidentielle standard, Icn (et le cadre 60898-1) documente en pratique le choix. Sur un tableau tertiaire ou industriel amené à rester en service après un incident — process continu, salle informatique, activité qui ne tolère pas d’arrêt — le choix d’un Ics élevé (60947-2) devient un critère de dimensionnement à part entière. La note de calcul documente cette distinction quand le contexte du bâtiment le justifie, en plus de la vérification du pouvoir de coupure à chaque niveau du tableau.
Questions fréquentes
Icu et Ics, lequel est obligatoire ?
Dans le cadre IEC 60947-2, Icu est le pouvoir assigné de coupure ultime : il doit être adapté au courant de court-circuit présumé au point d’installation (éventuellement via une coordination documentée). Ics caractérise la capacité de service après défaut ; ce n’est pas un substitut à Icu.
Un disjoncteur domestique a-t-il un Ics ?
Oui, au sens IEC/EN 60898-1 : la norme définit à la fois Icn (pouvoir assigné de coupure en court-circuit) et un Ics de service associé, avec un rapport Ics/Icn fixé par la norme. Sur la plaque, on voit souvent surtout Icn ; cela ne signifie pas que seul Icn existe dans la norme.
Pourquoi ne pas toujours choisir un Ics à 100 % par sécurité ?
Un Ics élevé a un coût. Il se justifie quand la continuité de service après un défaut de grande ampleur est critique — process industriel continu, infrastructure sensible — pas systématiquement sur toute installation.
Un disjoncteur qui a déjà coupé un court-circuit important reste-t-il fiable ?
Selon le critère Icu (IEC 60947-2), après la séquence d’essai correspondante, l’appareil n’est pas tenu de rester apte à transporter son courant assigné en service normal. La continuité de service n’est donc pas garantie par Icu ; Ics, lui, vise précisément cette aptitude de service après essai plus sévère. En pratique, une vérification fabricant / dossier s’impose après un défaut proche de la limite.
