Un code à trois lettres, pas une appréciation subjective
Le RGIE (§2.10.1) classe les influences externes en trois grandes catégories : les conditions d’environnement (lettre A — climat, situation du lieu), les circonstances d’utilisation (lettre B — usage du local, présence de personnes), et les conséquences du mode de construction (lettre C — structure et matériaux du bâtiment). Chaque code combine deux lettres et un chiffre : la première lettre donne la catégorie, la deuxième la nature précise de la contrainte, le chiffre son intensité.
Les familles de contraintes couvertes
Le document des influences externes couvre dix-sept familles de codes, parmi lesquelles :
- AA — température ambiante (de frigorifique à très chaud)
- AD — présence d’eau (d’un local sec à immergé)
- AE — présence de corps solides étrangers, dont les poussières
- AF — présence de substances corrosives ou polluantes
- AG — contraintes mécaniques dues aux chocs
- AH — contraintes mécaniques dues aux vibrations
- AK / AL — présence de flore/moisissures et de faune
- AM — influences électromagnétiques, électrostatiques ou ionisantes
- AN — rayonnements solaires
- BA — compétence électrique des personnes présentes
- BB / BC — état du corps humain et contact avec le potentiel de terre
- BD — possibilités d’évacuation en cas d’urgence
- BE — nature des matières traitées ou entreposées
- CA / CB — matériaux de construction et structure du bâtiment
Un local peut cumuler plusieurs codes simultanément — une cuisine collective, par exemple, combine souvent une contrainte d’eau (AD), de corps étrangers (AE) et de substances (AF), alors qu’un bureau reste proche du niveau négligeable sur presque tous les axes.
Un exemple concret : du code à l’indice de protection
Le lien entre le code et le matériel n’est pas abstrait. Pour les contraintes mécaniques dues aux chocs (AG), le RGIE fixe une correspondance directe avec l’indice de protection IP du matériel : AG1 (choc de 1 J maximum, usage domestique normal) correspond à un IP XX-4 ; AG2 (6 J, usage industriel normal) à un IP XX-7 ; AG3 (60 J, usage industriel sévère) à un IP XX-11. Le code de local se traduit donc directement en exigence d’achat pour l’électricien.
L’obligation du document (§9.1.6) — hors installations domestiques
Le RGIE (§9.1.6) organise le document des influences externes : les données de classement proviennent de l’exploitant des lieux — pas d’une estimation de l’installateur. Elles sont apposées dans un document (plan, tableau ou liste) paraphé par l’exploitantavant la conception de l’installation. L’organisme agréé le paraphe à son tour lors du contrôle, après avoir vérifié sa correspondance avec l’installation réelle. Précision souvent oubliée : même sans contrainte particulière, le document doit le confirmer explicitement plutôt que rester silencieux sur ce local.
Attention au champ d’application : le RGIE précise que toute la section 9.1.6 n’est pas d’application aux installations électriques des installations domestiques. Le chapitre 2.10 reste utile pour comprendre la classification des codes ; l’obligation formelle du document relève de §9.1.6 pour les installations non domestiques. Cadre général :contrôle électrique non-domestique.
Pourquoi une erreur de classement coûte cher
Un local mal classé — une contrainte AF sous-évaluée dans un local de nettoyage, par exemple — mène à du matériel sous-dimensionné pour son environnement réel, un motif de refus direct. À l’inverse, sur-classer systématiquement par prudence entraîne des surcoûts inutiles sur du matériel plus résistant que nécessaire. Le classement précis, local par local, sert autant la conformité que le budget. Pour produire le document à partir du classement de vos locaux, voir l’outilfacteurs d’influences externes (FIE).
Questions fréquentes
Qui détermine le classement des influences externes d’un local ?
L’exploitant des lieux fournit les données. Le document qui en résulte doit être paraphé par lui avant la conception de l’installation, puis vérifié et paraphé par l’organisme agréé lors du contrôle.
Un local sans contrainte particulière doit-il quand même être documenté ?
Oui. Le RGIE impose que l’absence d’influence spécifique soit explicitement confirmée dans le document, pas simplement omise.
Le classement AG a-t-il un impact direct sur le matériel à acheter ?
Oui, très directement pour les contraintes mécaniques : AG1, AG2 et AG3 correspondent chacun à un indice de protection IP précis (IP XX-4, XX-7, XX-11) que le matériel installé doit respecter.
Le document FIE concerne-t-il les installations domestiques ?
Non pour l’obligation formelle de la section 9.1.6 : le RGIE précise que toute cette section n’est pas d’application aux installations domestiques. Le chapitre 2.10 reste utile pour comprendre la classification des codes ; le document des influences externes relève de §9.1.6 pour les installations non domestiques.
Peut-on générer ce document en ligne ?
Oui, en autonomie (9,99 € HTVA) ou en mode accompagné (20 € HTVA) sur le même moteur, à partir du classement de vos locaux.
