La règle des 8 circuits terminaux
Dans une installation domestique, un même dispositif différentiel à courant résiduel (DDR) haute ou très haute sensibilité ne peut pas protéger plus de 8 circuits terminaux. C’est écrit noir sur blanc à la sous-section 4.2.4.3.b du RGIE : socles de prise de courant non dédiés, éclairage, lieux avec baignoire ou douche, lave-linge, sèche-linge, lave-vaisselle — tout ça se répartit par groupes de 8 maximum sur les DDR placés en aval du différentiel d’origine (300 mA max, à l’origine de l’installation).
Ce qui échappe au plafond : les circuits dédiés
Ce qui échappe à ce plafond, ce sont notamment les circuits dédiés aux appareils fixes ou à poste fixe (cuisinière électrique, chauffage électrique, réfrigération, etc.), les prises alimentées par un transformateur de séparation individuel, et plus largement tout circuit qui n’est pas visé par cet alinéa. Ces circuits-là peuvent être raccordés en aval du différentiel d’origine sans compter dans le quota de 8. Ils doivent être complétés par un DDR de max 100 mA par circuit ou par groupe de circuits si la résistance de dispersion de la prise de terre dépasse 30 ohms — ce qui n’impose pas un DDR individuel pour chaque appareil fixe. Circuit dédié et DDR individuel sont deux notions distinctes.
Pourquoi une ancienne installation reste conforme
Pourquoi votre ancienne installation avec un seul différentiel pour toute la maison est conforme, et pourquoi une installation neuve doit en répartir plusieurs : la réponse est dans la partie 8 du RGIE, consacrée aux installations existantes. Deux dérogations s’appliquent selon l’ancienneté.
Avant le 1er octobre 1981
Si votre installation a été réalisée avant le 1er octobre 1981 (section 8.2.1), la dérogation est explicite : vous pouvez garder plus de 8 circuits terminaux sur un seul différentiel haute ou très haute sensibilité, y compris après une modification ou extension non importante.
À partir du 1er octobre 1981
Si elle a été réalisée à partir du 1er octobre 1981 et contrôlée sous l’ancien RGIE (section 8.2.2), la même dérogation s’applique — le texte reprend mot pour mot l’autorisation de dépasser les 8 circuits par DDR.
Ce qui change la donne
Dans les deux cas, la logique est la même : la règle des 8 circuits n’existait pas au moment où votre installation a été posée, donc elle ne s’applique pas rétroactivement. Ce n’est pas un vice caché ni un point de non-conformité — c’est une dérogation prévue par le texte lui-même. Ce qui change la donne, c’est une modification ou une extension importante de l’installation : à ce moment-là, la partie touchée doit répondre aux règles actuelles, différentiels compris.
Concrètement, si vous faites établir un schéma électrique ou unenote de calculpour une installation existante, cette répartition des différentiels (ou son absence) doit apparaître clairement — c’est un des points que je vérifie systématiquement avant qu’un dossier parte au contrôle. Elle s’inscrit aussi dans ledossier documentaire attendu au contrôlepour une installation domestique.
Sur unschéma unifilaire, cette répartition des différentiels — ou la dérogation applicable à une installation existante — doit être lisible circuit par circuit, pour que le contrôleur puisse la croiser avec le tableau réel.
